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 Blog de Michèle Bayar

Blog de Michèle Bayar

Littérature, jeunesse, ateliers d'écriture,cinéma, humeur

Publié le par Michèle Bayar
Publié dans : #littérature


"Un figuier venu d'ailleurs - La Retirada"
Roman jeunesse, éditions Oskar, Histoire et Société

 

Le synopsis

 

Jordi ne veut pas entendre sa vieille tante Azucena radoter sur l’exode espagnol de 1939, « La Retirada ». Il ne veut pas de l’héritage qu’elle lui impose. Il est d’une autre époque, Point. Furieux qu’elle ne le comprenne pas et qu’elle insiste, il casse une branche du figuier auquel elle tient tant. Malheureux ! crie Azucena. Sous les yeux effarés de son aïeule, le figuier se referme sur l’adolescent. Il est propulsé au cœur du sujet qu’il évite, parmi les siens à l’époque de la Retirada. Pour sortir de ce cauchemar, il devra admettre qu’il est l’héritier d’un exil, d’un enracinement, et du rêve d’une société plus juste.

 

La Retirada

 

Le point de vue développé dans le roman est celui de républicains espagnols qui ont dû fuir sous la menace franquiste en raison de leur engagement. Il a pour seule ambition de mettre en perspective les bribes d'un passé que « de vieux enfants » ont bien voulu me confier. Filles et fils d’ouvriers militants, ils sont porteurs du rêve anarcho-syndicaliste qui a engagé leurs parents dans la guerre d’Espagne. Ils ont enraciné en France leurs déceptions et leurs espoirs. Ils avaient entre six et treize ans lors de la Retirada en 1939.

C’est leurs émotions, leurs émerveillements, leurs terreurs d’enfants, leurs déchirements que j’ai souhaité restituer ici, tels que Jordi, personnage de fiction, arrière petit neveu d’Azucena, aurait pu les entendre de leur bouche et les interpréter.

 

Histoire et littérature

 

Nos rencontres se sont déroulées dans une empathie réciproque, pour moi inattendue. Dès le départ, j’ai été confrontée à des questions qui m’ont accompagnée tout au long de l’écriture : comment m’emparer de ces témoignages sans les dénaturer, comment les romancer sans les trahir ? Comment rendre compte de cette empathie qui nous a liés depuis le début et qui est fondée sans doute sur le fait que j’ai aussi « mes exils » ? Frères et sœurs dans l’arrachement, nous nous comprenions, au-delà des différences culturelles et de nos âges respectifs.

J’ai créé le personnage de Jordi, quinze ans en 2007, et orienté la narration de sorte à ce qu’il soit un fil rouge entre les différents témoignages. Puis j’ai créé le personnage de l’homme au chien – qui parle en italique, on sait pourquoi à la fin du roman – d’après les notes de Georges Gonzalbo.

 

On pourrait me reprocher de n’avoir pas écrit sur l’Histoire. A cela, je répondrai que je ne suis pas historienne. J’ai écrit dans l’Histoire, à partir de l’Histoire. J’ai tenté de donner chair à des personnages de fictions et de restituer les douleurs réelles de l’arrachement dans le contexte particulier de l’exode espagnol de 1939 et, en écho, dans la conscience de Jordi.

 

Remerciements

 

Merci à Georges Gonzalbo, à José Morato, Henri Melich, Montserrat Turtos, José Sangenis, Gérard Bernabeu, qui m’ont reçue au foyer de la CNT à Perpignan et qui ne se sont pas bornés à évoquer leur passé mais m’ont offert chaleur et amitié et se sont intéressés à l’écriture pour la jeunesse. Merci à Amapola Gracia, la benjamine, qui a organisé nos rendez-vous, servi de trait d’union et qui m’a rapporté quelques souvenirs familiaux, dont la si belle anecdote du figuier voyageur (Eh ! Oui, elle est vraie). Merci enfin à André Fabre, grand connaisseur de la période traitée pour ses avis et à Sonia Marzo, bibliothécaire, qui a eu l’idée de me mettre en contact avec les personnes citées plus haut et qui est donc la bonne fée à l’origine de ce roman.

 

 

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Laetitia L. 18/12/2009 15:22


Bonjour Michèle !
Voici un petit mot juste avant de partir en vacances, pour vous dire le plaisir et l'honneur que nous avons eu de vous recevoir au collège de Nîmes, et pour vous remercier d'avoir passé cette
journée du 11 décembre en notre compagnie !
Ce fût une rencontre très interessante et enrichissante autour de votre roman "Un figuier venu d'ailleurs". Grâce à cette histoire j'ai découvert ce qui se cachait réellement derrière ce terme de
Rétirada qui ne m'évoquait jusqu'àlors pas grand chose je l'avoue !! Au delà de l'apport historique que j'ai pu y trouver, j'ai beaucoup apprécié l'écriture de ce livre, et j'adhère totalement à
votre volonté de mettre en valeur l'intime plutôt que le politique dans ce roman jeunesse. Merci pour ce partage et pour nous avoir communiqué votre passion. Ce figuier résonne encore en nous grâce
au thème fort du réenracinement qui évoque forcément pour chacun de nous des souvenirs familiaux et nous permet de ne pas oublier nos racines. J'espère aussi que ce figuier portera de beaux fruits
et qu'il donnera envie à nos troisièmes de lire ou relire ce roman, et d'en découvrir d'autres...pour ce dernier point c'est déjà chose faite, et j'attends avec impatience le retour d'emprunt élève
pour découvrir une autre histoire sous votre plume.
J'en profite également pour vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d'année !
A bientôt

Laetitia


Florence Rigaldo 29/05/2009 20:17

Je viens de lire avec plaisir Un figuier venu d'ailleurs.
Je trouve que le personnage de Jordi, si bien ancré dans notre époque (j'ai l'impression de le connaître, Jordi! son '"absorption" par les jeux vidéos, son ennui "mortel" durant les vacances en famille, son désarroi face aux transformations / révolutions du corps, etc) rend le passé d'autant plus vivant, et rappelle qu'une situation de guerre civile - ou de guerre tout court, de conflit- n'est pas réservée à d'autres, ailleurs, ou dans un autre temps; la guerre concerne avant tout les gens ordinaires.
Il évolue au fil des événements: de victime passive, qui voudrait juste pouvoir rentrer chez lui et ne plus assister aux horreurs, il devient responsable quand il cherche à protéger l'enfant, et quand il se retrouve prêt à tirer, à tuer, parce que les circonstances sont "comme ça", et qu'il arrive un moment où un choix s'impose. La scène entre les deux amis, Lluis et Felix, est assez cruelle.
C'est assez sombre, mais à côté de ceux qui ne font peut-être pas les bons choix ou qui cherchent à profiter de la situation (du pain contre un bijou), il en existe toujours qui prendront le risque d'aider, de protéger, de partager, sans rien attendre en retour. Et j'aimerais bien croire que ceux-là seront toujours les plus nombreux (mais j'ai des doutes...).
Ce roman conviendra très bien à nos troisièmes, et même à nos quatrièmes car même si la période n'est pas à leur programme d'histoire, ils s'y retrouveront facilement avec le dossier qui suit (au passage, et à ma grande honte, je dois vous avouer que j'ignorais que les Italiens étaient directement intervenus en Espagne...).
Bien à vous.

Florence

Florence Rigaldo 29/05/2009 20:10

Je viens de lire avec plaisir Un figuier venu d'ailleurs.
Je trouve que le personnage de Jordi, si bien ancré dans notre époque (j'ai l'impression de le connaître, Jordi! son '"absorption" par les jeux vidéos, son ennui "mortel" durant les vacances en famille, son désarroi face aux transformations / révolutions du corps, etc) rend le passé d'autant plus vivant, et rappelle qu'une situation de guerre civile - ou de guerre tout court, de conflit- n'est pas réservée à d'autres, ailleurs, ou dans un autre temps; la guerre concerne avant tout les gens ordinaires.
Il évolue au fil des événements: de victime passive, qui voudrait juste pouvoir rentrer chez lui et ne plus assister aux horreurs, il devient responsable quand il cherche à protéger l'enfant, et quand il se retrouve prêt à tirer, à tuer, parce que les circonstances sont "comme ça", et qu'il arrive un moment où un choix s'impose. La scène entre les deux amis, Lluis et Felix, est assez cruelle.
C'est assez sombre, mais à côté de ceux qui ne font peut-être pas les bons choix ou qui cherchent à profiter de la situation (du pain contre un bijou), il en existe toujours qui prendront le risque d'aider, de protéger, de partager, sans rien attendre en retour. Et j'aimerais bien croire que ceux-là seront toujours les plus nombreux (mais j'ai des doutes...).
Ce roman conviendra très bien à nos troisièmes, et même à nos quatrièmes car même si la période n'est pas à leur programme d'histoire, ils s'y retrouveront facilement avec le dossier qui suit (au passage, et à ma grande honte, je dois vous avouer que j'ignorais que les Italiens étaient directement intervenus en Espagne...).
Bien à vous.

Florence

CATHERINE DEFAYE 11/05/2009 14:44

je ne sais pas comment vont se passer tes journées de signature, mais moi à lire l'article, j'ai vraiment envie de lire le livre. Bon alors, si tu te sens seuk, dis toi qu'il sont en train de le lire sur la plage, quelle idée aussi d'habiter dans le sud
bises
cathy

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