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 Blog de Michèle Bayar

Blog de Michèle Bayar

Littérature, jeunesse, ateliers d'écriture,cinéma, humeur

Publié le par Michèle Bayar
Publié dans : #cinéma d'auteur

Photo031.jpgJ'ai vu à Argelès sur mer, en avant-première et dans le cadre du festival Cinémaginaire "Maghreb si loin... si proche" le film "Paris de mes exils" de Rina Sherman. J'en suis sortie bouleversée et je n'étais pas la seule.

Emule de Jean Rouch, elle ouvre l'oeil de sa caméra sur le monde en se posant des questions du genre : "A partir de quel moment l'autre devient-il un soi possible ?" Vous imaginez qu'elle ne construit pas son schéma narratif sur le modèle d'une série télévisée.

Son film conte - sans relater -  la douleur de la perte, la solitude, la quête de vérité, l'enquête tenace sur la liberté d'expression, les lobbyings, la désinformation, l'amour que la réalisatrice porte à ses disparus, l'immense intérêt qu'elle a pour ceux qu'elle filme, sa façon de les saisir dans leur essence sans les retenir prisonniers d'un regard, la déambulation dans une ville exil, la buée des brumisateurs de Paris-plage, toutes choses sans liens ou si ténus, mouvements saisis au vol, corps évoquant l'ailleurs, personnages à fleur de peau qui se délitent et se recomposent. 

Portées par une voix off douce et intimiste, ces images m'ont fait vivre - et revivre - des émotions qui touchent à l'indicible. Aux sentiments forts suscités par le film, se sont superposés ceux que j'ai éprouvés lors de mon arrivée à Paris, cette sensation d'être brassée et parfois d'être broyée qui m'a amenée à écrire. Vers la fin du film, Rina Sherman propose une clef de cette alchimie : 
"Paris, point de conversion de toutes les aventures..."

Parisiens, vous êtes chanceux :
«Paris de mes exils» sera présenté à la SCAM à Paris, le 21 mai à 19h30.
Pour plus d’informations, contactez : aca@neuf.fr
Filmographie complète de Rina Sherman :
http://www.ovahimba.info/files%20various/filmography.html


(pour ceux qui chercheraient à reconnaître Paris dans l'image associée à l'article, je précise qu'elle vient d'ailleurs, je l'ai prise à Montréal depuis mon téléphone portable et la banderolle que l'on aperçoit présente un festival de cinéma d'auteur)

Commenter cet article

cathy 02/03/2008 15:57

comment peut in le voir quand on habite une petit ville de province comme Limoges?????

Alain 07/02/2008 00:52

Voilà un commentaire très rassurant. Il n'y a pas qu'à Paris que l'on est sectaire. Il existe donc un ostracisme anti-parisien en province.
Méfiez-vous des imitations ! N'est pas un "vrai" parisien qui veut, même pas un authentique et sincère provincial. Mais cessons-là la polémique, l'essentiel n'est-il pas dans l'existence de ce film et dans la générosité enthousiaste de Michèle à nous le faire connaître ?

Mot a mot 04/02/2008 13:14

Certes. Mais les vrais parisiens savent aussi nous montrer qu'il ne prennent pas notre accent au sérieux, refuser une invitation en province de peur de s'ennuyer au milieu des ploucs, s'étonner que nous sachions manier le portable ou l'ordinateur. Bref, je n'invente malheureusement rien. Tous cela dans un panel de plusieurs personnes, et ce peut être assez humiliant.

Alain 31/01/2008 19:04

Petit plaidoyer pour les vrais parisiens.

Pauvres parisiens ! Je parle des vrais parisiens, ceux qui sont nés à Paris. C’est-à-dire nulle part.
C’est vrai qu’ils sont les seuls à ne pas se sentir perdus dans la grande ville lumière ; car on est perdu seulement quand on est ailleurs, pas quand on est nulle part.
Pauvres parisiens ! Ils ne savent pas d’où ils sont, ils ne peuvent donc ni regretter, ni rêver, un pays qui serait le leur.
Le vrai parisien est accueillant, il aime rencontrer ceux qui ont de la terre de leur jardin à leurs souliers, qui ont le soleil ou la neige de leur ciel dans leur sourire, qui ont les cailloux de leurs chemins dans leur accent.
Ne confondez pas le vrai parisien avec le vulgaire banlieusard de Neuilly qui a tendance à considérer que Paris lui appartient et qui montre une obsession malsaine et technocratique à vouloir chasser ceux qui sont de partout.

Nous vous aimons gens de partout, nous, les vrais parisiens ! Peut-être ferez-vous un jour de la capitale une ville universelle. En attendant, vous nous offrez un peu de votre pays, et nous nous sentons un peu moins seuls.

Nous irons voir ce film, nous les vrais parisiens.

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