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 Blog de Michèle Bayar

Blog de Michèle Bayar

Littérature, jeunesse, ateliers d'écriture,cinéma, humeur

Publié le par Michèle Bayar
Les combattants de l'Humanité, éd. Les presses Littéraires, 25/09/2015

Les combattants de l'Humanité, éd. Les presses Littéraires, 25/09/2015

EN DEDICACE LE 8 OCTOBRE DE 10H A MIDI

BANYULS, CAFE DE LA CÔTE VERMEILLE

1933-1950, Pitt et Yvès : les Krüger, Allemands antinazis et pacifistes, enseignants férus de pédagogie moderne, contraints à l’exil, créent un refuge dans les Pyrénées-Orientales et accueillent sous le même toit des réfugiés politiques, des orphelins de guerre, des enfants en quête d’asile, de jeunes voyageurs du monde entier. Ils offrent en ces temps de violence et de mort « Le plus d’humanité possible »…

1945, Paul et Greta : la guerre est finie. Paul rentre en Algérie avec une Allemande et la mère de celle-ci, oma Holz, qui ne parlera jamais un mot de français ni d’arabe…

Un chien, gardien du souvenir, accompagne l’auteure sur les traces de ces personnages hors du commun. C’est lui qui raconte. :

« Tu m’entends et tu m’écoutes. Peut-être aussi que tu entends ta propre voix et toutes celles dont l’écho résonne ici. Chacun a sa version. Le souvenir, c’est comme un reste de viande, une mémoire qu’on accommode à la sauce d’aujourd’hui avec les sentiments qui demeurent et traversent le temps. Tu peux m’appeler le chien, je t’accompagne. »

Pitt et Yvès ont réellement existé. Le centre éducatif international créé par les Krüger au-dessus de Mosset, « la Coûme », est devenu une fondation qui porte leur nom et poursuit aujourd’hui dans sa forme contemporaine l’œuvre qu’ils ont initiée.

Greta et Paul, qui ont inspiré le second monologue du chien, sont inconnus du grand public, mais vivent encore dans le souvenir de leur famille et de leurs amis.

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Llambrich Anne-Marie 05/01/2016 19:28

Veille de noël. Je m'active pour recevoir au mieux enfants, petits-enfants, je vais, je viens ; cadeaux, liste des courses, repas... La pause lecture quotidienne attendra la nuit, à la lumière de la lampe de chevet.
Ce soir, c’est "Les combattants de l'humanité". Qui pouvait penser que le contenu de cette histoire, au repas de Noël, accompagnerait la dégustation de la dinde et la bûche en chocolat? Hélas, l'actualité n'y est pas étrangère.
L'Allemagne des années 30: le décor est planté. Prélude des atrocités nazies : la machine infernale se met en marche, terrorise ses ressortissants rebelles. Null- widerstand! (point de résistance) au führer!
Dès la première page, surprise! C'est le chien qui nous invite et nous présente le couple, Pitt et Yvès. Il leur doit la vie. Condamné par ceux qui avaient jugé son apparence trop fragile, il fut jeté dans les eaux froides d'une rivière du Nord de l’Allemagne, à Postdam, où résidait le couple d'enseignants. Sauvé des eaux par Pitt, le chien adopté restera à jamais le fidèle compagnon, témoin des pérégrinations de ses maitres: "ce qui retenait l'attention chez Pitt, c'était ses yeux. Des yeux qui voyaient au- delà des apparences" nous annonce le chien.
Il en savait quelque chose de l'éloquence d'un regard, et aussi de l'utilité du flair, lui à qui "il ne manquait que la parole".
Dès lors, il rythma sa vie à celle des bipèdes parlants, les soutenant dans la dure période de leur exil pour atterrir au sud d'une France, qui elle-même subira quelques années plus tard, l'épidémie de "cette peste brune" des années 40.
Pitt et Yvès caressaient un rêve, celui d'enseigner les enfants mais surtout de les éveiller à cette intelligence du cœur sans quoi la connaissance reste lettre morte: combattants de l'humanité, la fraternité en bandoulière, dans le respect de la singularité de l'Autre, voilà la noblesse de leur tâche.

Mosset, la Coûme, j'irai, se dit la lectrice déterminée que je suis en refermant le livre.
En 1934, Pitt et Yvès y ont trouvé refuge, non sans s'être éreintés à remonter pierre par pierre la vieille ferme désaffectée : la Coûme. Une statue de la Vierge, immuable dans sa symbolique de bonté, reste perchée sur le faite de la maison. Témoin depuis 80 ans, de la souffrance des exilés, de la misère des malchanceux, elle se réjouit peut-être aujourd'hui de voir arriver des groupes d'enfants, d'adolescents, d'adultes de tous les pays, curieux de culture et d'art. Les bras ouverts, en harmonie avec la nature sereine et bienveillante, elle invite aussi tout un chacun à ne pas oublier... Sa pensée s'accorde à celle du chien, qui un jour perplexe déclarait dans un détour du récit: "qu'aucune espèce animale ne peut égaler la démesure dont vous êtes capables, vous les humains, quand le génie et la folie se rencontrent en un seul homme".
Compagnon téméraire de la plume qui court jusqu'à la 105ème page, il talonne Pitt, Yvès, mais aussi Greta et Oma Holtz, allemandes que les circonstances de la vie ont poussé au-delà de la Méditerranée, jusque sur la terre d'Algérie. Toutes, de belles personnes, citoyennes du monde qui ont semé à leur manière nos libertés.
Mémoire, MEMOIRES.

Thérèse PUJOL 11/10/2015 21:30

Bonsoir Michèle,
Hier soir après notre rencontre à Banyuls, J'ai lu le livre " les combattants le l'humanité ".
J'ai ressenti beaucoup d'émotions, car je connaissais Pitt et Yves, mais je ne connaissais que très vaguement, leur histoire. pas tous les détails. De plus, je les ai connu déjà âgés, ils n'avaient plus les illusions de leurs débuts, sans doute, et de relire ce qui a été leur parcours, m'a fait chaud au cœur;
j'ai conservé de cette époque un carnet de chant que Yves avait écrit de sa main et qu'elle m'avait donné, à moi personnellement; Je l'ai gardé précieusement, toutes ces années.
ma fille aînée chante à sa fille toutes les chansons que j'ai appris à la Côume.
Oui, c'est important de parler de ces gens courageux qui sont allés au bout de leur idéal. et qui n'ont pas perdu leur humanité à des époques troubles de l'histoire;
Au plaisir de se revoir,

Thérèse PUJOL

Françoise Dumas-Rossel 07/10/2015 17:53

Le premier monologue nous interpelle tout particulièrement. Son propos traite du passé et se trouve pourtant à la tête d'une brûlante actualité puisqu'il s'agit de l'exil.
On ne parle pas assez souvent des Allemands qui ont résisté sur place ou qui ont fui la dictature nazie et qui ont été accueillis par la France.
Ici, l'intégration en terre catalane est certes rude, mais réussie.
Les mots de Michèle savent nous transporter d'une réalité parfois effrayante à une scène toute empreinte de la poésie la plus élégiaque.
On sent toujours derrière la plume de l'auteur cette écriture à la fois destinée aux adultes et à la jeunesse.
Le second monologue fait émerger l'émotion d'une mini saga familiale assez proche de Michèle. Temps de guerre et temps de paix se côtoient pour faire ressortir l'héroïsme de gens tout à fait ordinaires. Les liens familiaux sont une force pour affronter des situations extraordinaires.
Dans ces deux monologues j'ai beaucoup apprécié le rôle du chien qui est l'animal que tout un chacun aimerait adopter.

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