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 Blog de Michèle Bayar

Blog de Michèle Bayar

Littérature, jeunesse, ateliers d'écriture,cinéma, humeur

Publié le par Michèle Bayar
Publié dans : #littérature
Légèreté chérie !

Dans sa comédie littéraire La couleur de l’écrivain, Sami Tchak écrit :

« Je suis juste un moineau, mais un moineau conscient de ses blessures et de la tragédie que constitue le simple fait d’être vivant. »

Je suis d’accord avec lui pour voir l’écrivain comme un oiseau migrateur et les étonnants voyageurs de Saint-Malo comme un rassemblement de passereaux pépiant leurs nouvelles du monde sur un rocher de granit avant de se disperser pour de nouveaux voyages. Ça leur donne de la légèreté… et ça ne vous rappelle rien ? Farid Uddin Attar, La conférence des oiseaux et le fameux Simorgh…

Les mots qui suivent sont portés par l’enthousiasme de Sylvie Darreau pour une langue vibrante de singularités, d’échanges et de partages et l’humour de Sylvie Tissier racontant un moment de pêche dans La rivière du Paradis (elle m’a rappelé un proverbe corse : « Si tu ne vas pas à la pêche, tu es sûr de ne pas attraper de poisson ! »)

Je suis moi aussi allée à la pêche… aux émotions !

Ma première prise fut Le chant des possibles et la voix de Marc Alexandre Oho Bambé, le poète slameur ; j’ai vu par les yeux d’Amel Chouati Les Algériennes du château d’Amboise condamnées à une double peine d’emprisonnement par l’Histoire et les coutumes religieuses de l’époque ; j’ai entendu le cri silencieux de Maï-Do Hamisultane lisant quelques extraits de Blanche et j’ai dû tenir La minute mongole de Nétonon Noël Ndjékéry à bout de bras pour apprécier ces nouvelles tant la douleur du monde me sautait à la gorge de façon violente, bien qu’elle soit portée par une langue sans excès, agréable et sensible, à l’image de son auteur.

Autres voix aux Naufragés du temps cette fois, James Noël présentant le 3e numéro de la revue IntranQuîllités en compagnie de quelques-uns des deux cents auteurs qui ont participé à la réalisation de cet archipel international. Instant magique au creux de ce moment, l’improvisation ahurissante de Hubert Haddad qui a lu des extraits au hasard dans un élan généreux et de façon tout anonyme mélangeant des stars de la littérature à des auteurs plus confidentiels. J’ai adoré le principe !

Il y aurait encore tant à dire… mais j’ai repris mon envol et je suis venue me percher sur la branche d’un grand bouleau perdu dans la campagne entre la Charente et la Vienne. Je passe à présent à une autre culture qui exige la récolte des groseilles.

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Chaouati Amel 23/07/2014 11:10

J'ai lu Nouba et je me suis délectée. J'ai ri aux éclats par moments. Je revois le voyageur se tourner vers moi dans le RER. Pendant ma lecture j'aurai étranglé la mère castratrice qui fait les coups en douces si elle avait été à côté de moi! Ah la mère maghrébine! mais je lui ai pardonnée car elle est prise aussi dans un système enfermant qui n'épanouit personne finalement. Heureusement que certains enfants tiennent tête et arrivent à s'affirmer.
Ce roman que j'ai conseillé à une jeune femme au bord de l'anorexie à défaut d'aller chez le psy car elle n'ose pas avouer à ses parents qu'elle aime "un mécréant", elle la musulmane, traite avec une légèreté surprenante des sujets que seuls les Hommes savent les rendre graves alors que cela devrait être plus simple. Car aimer n'a pas de nationalité, d'ethnie, de sexe, de genre ni de religion. L'amour est un état laïque qu'on veut enfermer dans des appartenances fragiles, blessantes et surtout normées. Un moment de plaisir de lecture appréciable. Merci Michèle.

Michèle Bayar 25/07/2014 13:32

Amel, c'est moi qui te remercie de ce commentaire et de l'usage circonstancié que tu as fait de Nouba ! J'adore que tu aies mis le mot "mécréant" entre guillemets. Il ne représente que la façon dont les parents jugent (ou jugeraient peut-être ?) cet amoureux. Ce n'est sans doute pas pour cette raison que cette jeune femme l'aime mais plutôt parce qu'il est… "aimable" ! (au minimum)
Ensuite, je suis heureuse de t'avoir fait rire. On dit que dix minutes de rire dans la journée sont excellentes pour la santé. J'ai ri (et écouté Chuck Berry) en écrivant Nouba. "Chez nous", dans ma famille, il était important de se faire du bien en même temps qu'on en souhaitait aux autres. Nous avions une expression que l'on employait à toutes les sauces. Elle se terminait par : "… et le reste, c'est de la littérature". Grâce à toi, Amel, je vais rompre enfin avec cette tradition :)

Nétonon Noël Ndjékéry 20/06/2014 23:31

Je suis content que tout se soit bien passé pour la petite famille de La Cheminante à Saint-Malo. J'étais en communion spirituelle avec toute la smala.
Michèle! Tu t'en doutes Je déteste évidemment la violence. Mais le spectacle que le monde nous offre au quotidien par écrans interposés à certains endroits, à chaque coin de rue à d'autres, n'est hélas pas celle d'un pépère pique-nique de scouts suédois. Et l'Afrique d'où je viens (le Tchad, mon pays d'origine, en particulier) détient un lourd passif en la matière. D'où ce cri qu'est La minute mongole ... Voici du reste 1 note de lecture qui abonde dans ton sens : http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2014/06/02/une-afrique-tres-noire-5383156.html

Cordialement,
Nétonon Noël

Michèle Bayar 21/06/2014 17:24

Merci Noël pour avoir rebondi sur mon billet d'humeur. J'ai suivi ton lien. Je partage l'avis de l'auteur de cette note de lecture sur "Maman, les Cocos ?" :
La plus tragique de ces nouvelles, à la limite de l’insoutenable, est la dernière du recueil, intitulée Maman, les cocos ? et décrivant, au pic d’une sécheresse, l’agonie solitaire d’une femme et de son enfant en bas âge, en proie à la faim et cernés par des chiens furieux dans l’indifférence splendide d’une nuit « belle à pleurer »

Sami Tchak 17/06/2014 18:35

Ah, Saint-Malo, Étonnants-Voyageurs, le festival de toutes les rencontres possibles! Et cette année, pour moi, ce fut surtout la rencontre avec la petite famille de La Cheminante autour de Sylvie... Que l'aventure continue, ma chère Michèle!

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